A letter from the hunger striker Mohamed A. (03.01.17)

Translation through insurrectionnewsworldwide.com

When the heart becomes silent within the cage of the thorax, the entire body ceases its function. The pain might govern the heart but the true spirit lies in not giving up in time…

Heartbeats of pain in a prison cage

You shouldn’t care about what you might hold in your hands today because tomorrow you might lose it. One day you might find yourself in my place, you might be the visitor in my country. When that day comes I will be better than this! Don’t overestimate your power today, because tomorrow you might be in a hospital and I could be the one who donates blood. Generosity is in how I behave…

Do you think I could get convicted for speaking of justice and for all I feel for the suffering of the people around me? If people are found guilty for speaking of justice, for empowering the weak, for fighting against injustice and saying NO, then I accept the punishment. I would rather die an honest, courageous and decent man, telling the truth, than to live a life without honour and dignity, being a hypocrite. Even if I possessed half of the treasures of this entire world, that would mean nothing because you can’t buy these things with money. This is humanity. Not judging people by colour or religion. We are all equal here. If I am being punished for being human, then this is the purpose of torture: a life without honour, decency, justice. A life where the cowards reign. Oh my God! How brutal is this punishment of conscience…

I am full of strength and I am not forcing you to respect me because, at this time, my strength is fear. Now I am not using my strength because I am trying to understand what you are made of and to not be influenced by it. Because I am like gold: even if you melt it, it is still gold. I won’t change. You will not be able to decrease my potential and strength. Even if you don’t improve your behavior towards me I will not try to confront you, I will not become like you. I will remain as I am and nobody will stop me from speaking of justice.

Here, in this society many people feel what I mean to say because they are full of emotions, they have the ability to understand others and know the meaning of truth. They understand how good it feels to spread love among all religions. How beautiful it is to live in a society that does not know lies or hatred and only wishes for love and peace.

I will defend justice and equality and I will fight against injustice. I will support those who were treated unfairly. I will feel the pain of others even that costs my own lie. No, to a life without equality!

I will be the pen which spews the ink of justice so that the ones who suffered injustice would win and injustice would be demolished.

Questions:
Where are those who say they defend human rights? Are those just words and do not exist in reality? Are you looking for an answer? Sorry, there is no answer.
This is not the whole story. This was just an introduction. Twenty-two days without food, I have no more strength. I want to speak to you about racism and the ethos of some people. I want to tell you what happened in Egypt. To speak to you about everything…

Thank you

 

One thought to “A letter from the hunger striker Mohamed A. (03.01.17)”

  1. Here are the translations of two texts concerning the hunger strike, with a short introduction on the actual situation. tell me if you can if it suits you.

    Le texte qui suit a été écrit par des personnes ayant participé à une campagne de soutien pour la libération et le droit d’asile pour Mohamed A. alors en grève de la faim pendant sa détention à la préfecture de Lesbos-en Grèce.
    La lettre écrite par Mohamed A. sur sa situation, à la suite de ce texte, a été traduite de l’arabe vers le grec,puis en anglais et enfin en français. Il se peut que les traductions successives manquent de rendre tout à fait la teneur de la lettre écrite alors.
    Aujourd’hui Mohamed A. a été libéré dans cette prison à ciel ouvert qu’est en train de devenir l’île de Lesbos pour les migrants qui s’y retrouvent bloqué., il est en attente d’une réponse suite à sa troisième demande d’asile. Une situation comme beaucoup d’autres, tandis que la Grèce est en train de devenir une machine de déportation et un réseau de centre de détention où sont emmenés manu militari les migrants arretés dans les rafles régulières des squatts, du port, et des rues d’Athenes comme des îles frontières.

    Texte du 13/01/2017-
    issu du site musaferat.espivblogs.net
    Depuis Octobre 2016, Mohamed A. est en détention administrative dans les bureaux de la police de Lesbos et risque la déportation, sa demande d’asile ayant été rejeté. Il a commencé une grève de la faim depuis le 13/12/2016, pour contester sa déportation et le refus de son droit d’asile.
    Son état de santé se détérioriant progressivement depuis ces derniers jours, il a été transféré sur ordre médical à l’hôpital de Mytilène-Vostaneio le 10/01/2017. Il demanda à retourner chercher ses affaires au centre de rétention avec la garantie des policiers qu’il serait ensuite reconduit à l’hôpital. Pourtant il y resta détenu, et la police lui indiqua qu’il serait emmené à l’hôpital le matin suivant. Le jour suivant, à son arrivée à l’hôpital, ils obtinrent son consentement à ne pas être hospitalisé en lui faisant miroiter qu’ils s’occuperaient de son cas et qu’il serait transféré à Athènes dans les jours qui suivraient. Le jeudi 12/1, le commissaire de police annonça à Mohamed la décision de son renvoi vers la Turquie, en application des lois infâmes des accords entre l’Europe et la Turquie.
    Grâce à la pression des avocats et de personnes solidaires, Mohamed fut de nouveau hospitalisé. Face à la gravité de son état psychique et physique, des médecins imposèrent son hospitalisation au vu des symptômes évidents de fatigue (vertiges, syncopes, troubles de la vue) ; il lui a été administré des solutés salés. Son hospitalisation permit l’annulation de l’ordre de déportation, ce qui ne fut pas le cas pour les dix autres migrants déportés ce matin du vendredi 13 janvier.
    Depuis Mohammed A. est toujours hospitalisé, pendant que la police, manifestement déçue de l’annulation de la procédure, essaye de toutes les manières possibles de faire pression sur les médecins afin qu’ils signent une décharge, qui permettrait de le déporter. En même temps, contre les règles en vigueur de l’hopital, la police a interdit l’entrée de la chambre de Mohamed aux personnes venues le soutenir.
    La situation actuelle- par ces faits, la tentative de déportation d’un migrant au 32eme jour d’une grève de la faim – est sans précédent, au vu du risque vital engagé. De cette manière, l’Etat et ceux qui le servent font avancer encore d’un pas le totalitarisme existant . Ce sont ces mêmes fonctionnaires qui tiennent en otage un enfant de 6 ans pour nourrir leur revanche contre ses parents *; L’Etat qui interdit des événements dans les universités publiques; l’Etat qui torture des milliers de migrants dans les centres de détention tous les jours, jusqu’à leur déportation finale. Cet état qui s’ennorgueille de sa capacité à décider de la vie et la mort de ceux qui ne rentre pas dans le rang, de ceux qui sont vus comme un “surplus”, de ceux qui résistent.
    Nous exprimons notre solidarité avec Mohamed contre cette violence quotidienne de ségrégation, de racisme et d’exploitation; Nous exprimons notre solidarité avec les centaines de migrants déjà déportés; notre solidarité avec ceux qui combattront avec nous contre la dévalorisation de la vie.

    Solidarité avec le gréviste de la faim Mohamed A.
    Réponse favorable immédiate à ses revendications
    Arrêt de toutes les déportations
    * référence au chantage effectué contre les membres de lutte révolutionnaire actuellement en détention, par la menace sur leur enfant. A 6 ans, il est surnommé par certains médias “le plus jeune prisonnier politique du monde”, il a été détenu au siège de la police antiterroriste d’Athènes puis a été confiné dans une aile pour enfants d’un hôpital psychiatrique. le 8 janvier il fut finalement confié à sa grand mère suite aux mouvements de protestations et à la grève de la faim et de la soif du groupe Lutte révolutionnaire. Cette garde est provisoire et doit être confirmé d’ici six mois

    Lettre du gréviste de la faim Mohamed A. le 3/01/2017
    issu du site musaferat.espivblogs.net

    Le corps tout entier perd ses capacités quand le cœur se fait silencieux dans la cage thoracique. La douleur domine le cœur mais l’esprit véritable tient dans le fait de ne pas lâcher…

    Battements de cœur de douleur dans la cage d’une prison

    Ne vous souciez pas de ce que vous détenez aujourd’hui car demain vous pourriez avoir tout perdu. Un jour, vous pourriez vous trouver à ma place, peut être serez-vous alors celui qui arrive dans mon pays. Quand ce jour viendra, je vous traiterai mieux que cela ! Ne surestimez pas votre pouvoir aujourd’hui, car demain c’est peut être moi qui ferai un don du sang pour vous lorsque vous vous retrouverez à l’hôpital…La générosité tient dans la manière de faire…
    Pensez-vous que je serai inculpé pour avoir affirmé la nécessité d’une justice et tout ce que je ressens pour les personnes qui souffrent autour de moi ? S’il est vrai que se retrouve coupable quiconque a parlé de justice, défendu de plus faibles, combattu l’injustice et dit NON , alors j’accepte la sentence. Je mourrai honnête, courageux et intègre, à dire la vérité, plutôt que de vivre une vie sans honneur ni dignité, comme un hypocrite. Même si je possédais la moitié des trésors de ce monde, cela ne vaudrait pas grand chose parce que ces choses s’achètent avec de l’argent. Voici ce que c’est que d’être humain. Ne pas juger ni sur la couleur ni sur la religion. Nous sommes tous à égalité ici. Si je dois être puni pour être humain, voici l’enjeu de la torture : Une vie sans honneur, décence, justice. Une vie où les lâches règnent. Oh mon dieu, voila la sanction de la conscience…
    J’ai plein de forces et je ne vous imposerai pas de me respecter car à ce moment précis ma force est la peur. Je tente ici de ne pas user de cette force. Je voudrais comprendre de quoi vous êtes fait sans que cela ne m’influence. Parce que je suis comme l’or : même si vous le fondez, il ne se mélange pas. Je ne changerai pas. Vous ne pourrez pas m’affaiblir. Même si vous ne me traitez pas mieux, je n’entrerai pas en conflit avec vous, je ne deviendrai pas comme vous. Je resterai comme je suis et personne ne m’empêchera de parler de justice.
    Ici, dans cette société beaucoup de gens savent de quoi je parle, car ils sont sensibles, ils peuvent comprendre les autres. Ils connaissent la valeur de la vérité. Ils connaissent la joie d’aimer peu importe les religions. Comme il est beau de vivre dans une société sans mensonges ni haine, et qui ne désire que l’amour et la paix.
    Je défendrai la justice et l’égalité et je combattrai l’injustice. Je soutiendrai ceux qui sont maltraités, j’éprouverai la souffrance des autres même si cela doit me coûter mes propres mensonges. Non à une vie sans égalité !
    Je serai la plume qui crache l’encre de la justice pour que ceux souffrant d’injustice sortent vainqueur et que celle-ci soit abolie.
    Questions :
    Où sont ceux qui disent défendre les droits de l’homme ? Ces mots ne veulent- ils rien dire ? Cherchez vous une réponse à cela ? Désolé , il n y en a pas.
    Ceci n’est pas toute l’histoire. Ceci était juste une introduction. 22 jours sans manger, je suis à bout de force. Je voudrais vous parler du racisme et de l’éthique de certains peuples. Je voudrais vous dire ce qui s’est passé en Egypte. Vous parler de tellement de choses…

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